PIB Vaudois

PIB Vaudois

Le PIB est un indicateur essentiel pour évaluer la force et le dynamisme d’une économie.

En tant que mesure de la conjoncture, le produit intérieur brut (PIB) est un outil indispensable pour les responsables de l’économie privée et les décideurs politiques. Grâce aux données historiques et aux prévisions de croissance, il leur permet de mieux comprendre l’évolution de la conjoncture, de préparer leurs décisions et de piloter leurs projets. Le découpage des données en secteurs et en branches permet aussi de tenir compte des variations entre les différents domaines d’activité.

Le calcul du PIB vaudois est confié aux économistes Claudio Sfreddo (chef de projet depuis 2008) et Giuliano Bianchi de l’Institut QUANTITAS pour l’analyse et la prévision économiques, hébergé à l’EHL et rattaché à la HES-SO. Il se base notamment sur les données de référence de l’Office fédéral de la statistique et du Secrétariat d’Etat à l’économie. Les taux de croissance suisse et vaudois publiés sont corrigés des effets des grandes manifestations sportives internationales. Publié depuis 2008, initialement deux fois par an, le PIB vaudois est publié depuis 2011 quatre fois par an.

Prévisions

15 octobre 2026

PIB vaudois: prévisions revues à la hausse pour 2026 dans un contexte mondial toujours incertain

L’activité dynamique sur le plan national au deuxième trimestre a conduit à une révision à la hausse des prévisions pour l’économie vaudoise pour 2026. Ainsi, le produit intérieur brut (PIB) du canton est attendu en hausse de 1,8% cette année, contre 1,0% dans les prévisions publiées en juillet. Pour l’an prochain, les prévisions portent sur une croissance de 1,8% également, contre 1,5% précédemment, selon les dernières données publiées ce jour par la Commission Conjoncture vaudoise. Le niveau de risque demeure élevé: le conflit au Moyen-Orient se prolonge, la situation géopolitique globale reste tendue, la politique commerciale américaine est toujours un facteur d’incertitude, alors que, dans plusieurs pays, le renchérissement et l’endettement inquiètent. En Suisse et dans le canton, la robustesse de la demande intérieure compense – en tout cas en partie – les effets du manque d’élan de l’environnement mondial.

Le contexte économique mondial demeure perturbé, même si les effets du conflit au Moyen-Orient ont pu être atténués par la recherche de sources d’approvisionnement et de routes alternatives, la libération de stocks ou des mesures de soutien. L’activité bénéficie aussi des investissements, notamment dans l’intelligence artificielle (IA). Les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) font état d’une croissance mondiale manquant d’élan en 2026, à 3,1%, puis d’une légère reprise en 2027, à 3,4%. La conjoncture est relativement solide aux États-Unis, alors qu’elle manque d’impulsion dans la zone euro malgré une amélioration en Allemagne. De plus, l’inflation augmente à nouveau sous l’effet de la hausse des coûts de l’énergie et s’éloigne de la zone de stabilité des prix dans de nombreux pays, ce qui pousse aussi les taux d’intérêt à la hausse.

Demande intérieure robuste

La Suisse est relativement préservée des développements à l’international et le marché domestique reste robuste. Dans le canton, les indicateurs de la Commission Conjoncture vaudoise montrent une marche des affaires résistante dans la construction, les services et le commerce; bien que mitigées, les perspectives sont stables dans l’industrie, alors que le moral des entreprises est en baisse dans l’hôtellerie-restauration. Sur le plan national, le baromètre conjoncturel du KOF a de nouveau progressé en septembre. Bien qu’en hausse à 1,0% en rythme annuel en septembre, son plus haut niveau depuis deux ans, l’inflation reste dans la zone de stabilité des prix. À 4,9% dans le canton et 3,0% en moyenne nationale en septembre, le chômage reste contenu. De plus, le franc ne s’est pas renforcé: le cours de l’euro est stable ou en légère hausse depuis le début de l’année, à 0,93 franc, tandis que le dollar s’est apprécié de quelque 5%, à 0,83 franc. Grâce au bon deuxième trimestre, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a aussi relevé ses prévisions de croissance à l’échelle nationale pour 2026, de 0,9% en juin à 1,7% en septembre. Pour 2027, sa prévision est restée stable à 1,6%.

Incertitude en ce qui concerne les branches

En raison du degré élevé d’incertitude, les prévisions par branche sont à considérer avec prudence. Toutefois, certaines tendances montrent la robustesse de la demande intérieure. Les services financiers ainsi que les services publics et parapublics pourraient bénéficier d’une croissance forte (plus de 2%) en 2026 et modérée (entre 0,5% et 2%) en 2027. Dans les services aux entreprises et activités immobilières, une croissance modérée est attendue cette année, suivie d’une forte croissance l’an prochain. Le commerce de gros et de détail pourrait connaître une croissance modérée en 2026 comme en 2027. Dans la construction, une forte croissance se dessine pour cette année, suivie d’un repli modéré (entre -0,5% et -2%) l’an prochain.

L’activité pourrait se replier modérément dans les transports et les communications en 2026 et stagner (évolution entre -0,5% et +0,5%) en 2027. Quant aux fabricants de machines, d’instruments de précision et de montres, après plusieurs années difficiles, ils pourraient rebondir et afficher une forte croissance cette année et l’an prochain. Dans la chimie-pharma, une forte croissance est attendue en 2026, puis une stagnation en 2027. De même, une forte croissance dans l’hôtellerie-restauration cette année pourrait laisser la place à une stagnation l’an prochain.

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