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PIB vaudois : croissance solide malgré une révision à la baisse

23 janvier 2019 - La conjoncture vaudoise résiste à la dégradation de l’environnement conjoncturel international. Si les prévisions de croissance ont été légèrement abaissées, elles témoignent toujours d’une économie qui reste robuste. Ainsi, le produit intérieur brut (PIB) du canton devrait avoir progressé de 2,8% en 2018, selon les dernières estimations du CREA publiées par la BCV, l’État de Vaud et la CVCI. Pour 2019 et 2020, les prévisions portent sur des croissances certes en repli, mais toujours solides à respectivement 1,8% et 1,7%.

Plusieurs facteurs perturbent la dynamique conjoncturelle mondiale depuis l’an dernier. Notamment, la croissance a fléchi dans la zone euro, tandis que la Chine a été quelque peu affectée par les tensions commerciales avec les États-Unis. Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement abaissé en janvier ses prévisions pour la croissance mondiale cette année. Toutefois, le contexte international reste relativement favorable. Malgré un léger renchérissement du franc par rapport à l’euro, les exportations vaudoises sont restées en 2018 proches de leur record. Les branches actives sur le marché intérieur ont également bénéficié du contexte de haute conjoncture. Cette situation globalement favorable a permis au chômage de refluer dans le canton et d’atteindre son plus bas niveau depuis dix ans.

Cependant, en raison de l’évolution de l’environnement international, l’estimation de croissance du canton pour 2018 a été revue à la baisse, de 3,3% en octobre à 2,8% actuellement, et les prévisions pour 2019 sont passées de 2,1% à 1,8%. En ce qui concerne l’ensemble de la Suisse, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a adapté ses prévisions dans le même sens. De plus, pour mieux rendre compte de l’évolution conjoncturelle et être comparables, toutes les données ont été corrigées des effets des grandes manifestations sportives internationales. Au final, la croissance suisse est ainsi estimée à 2,4% pour l’an dernier et attendue à 1,7% cette année puis à 1,4% l’an prochain.

Le contexte conjoncturel reste caractérisé par un degré d’incertitude élevé. Si les effets sur la croissance mondiale des mesures protectionnistes introduites ces derniers mois par plusieurs pays semblent pour l’heure limités, la possibilité d’une escalade est un facteur de risque important. Parmi les autres facteurs de risque, il faut mentionner les inconnues entourant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), la normalisation de la politique monétaire aux États-Unis et celle à venir dans la zone euro ou encore les divers foyers de tensions géopolitiques. Sur le plan suisse, une remontée du cours du franc, en tant que valeur refuge, n’est pas exclue, tandis qu’une certaine incertitude subsiste dans l’évolution des relations avec l’UE.

En ce qui concerne les branches, la chimie-pharma, les activités immobilières et les services aux entreprises, l’hôtellerie-restauration ainsi que les services publics et parapublics devraient réaliser cette année comme l’an dernier une croissance marquée (au-delà de +2%). Une certaine stabilité est aussi attendue dans les transports et les télécommunications, qui pourraient afficher en 2019 une croissance modérée (entre +0,5% et +2%), en ligne avec 2018. Dans le commerce de gros et de détail, une croissance marquée est attendue cette année, après une progression modérée l’an dernier.

À l’inverse, une baisse de régime et un repli modéré (entre -0,5% et -2%) sont possibles en 2019 dans les services financiers, après une progression marquée en 2018. La construction pourrait connaître une évolution similaire, avec un repli modéré cette année succédant à une progression modérée l’an dernier. Une certaine volatilité est aussi attendue dans l’industrie des machines et l’horlogerie, avec un repli marqué de l’activité (au-delà de -2%) en 2019 suivant une croissance marquée en 2018.

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