Enquêtes conjoncturelles - Jalons historiques

    L'analyse économique dispose essentiellement de trois instruments pour apprécier l'évolution de la conjoncture : les modèles macro-économiques, les indicateurs, qui apportent une information quantitative sur les fluctuations de certaines variables clés, et les enquêtes conjoncturelles. Ces trois démarches présentent à la fois des avantages et des inconvénients. Elles sont en partie concurrentes et en partie complémentaires.

    Les enquêtes conjoncturelles ont pour but de rassembler des informations sur les projets économiques des entreprises et surtout de mettre en évidence l'état d'esprit régnant parmi les dirigeants. Bien que les résultats soient souvent teintés de subjectivité, ils fournissent néanmoins des indications précieuses et rapidement disponibles quant à la situation et à l'évolution prévisible de la conjoncture.

    L'introduction des enquêtes conjoncturelles en Suisse a pour origine les travaux d'un groupe d'industriels zurichois qui, au lendemain de la profonde dépression des années 1930, cherchait à être mieux renseigné sur le cadre conjoncturel de notre économie. Les premières réunions se limitèrent toutefois à un simple échange de vues et d'informations entre les membres sur la marche des affaires de leur entreprise. La création en 1938 de la Société suisse de recherches conjoncturelles (SRC) allait donner une impulsion décisive à la promotion de la recherche appliquée et à la publication d'études dans le domaine conjoncturel, avec la mise sur pied notamment à Zurich d'un Centre de recherches dépendant de l'EPFZ, chargé d'établir des prévisions portant sur l'évolution de la conjoncture mondiale (KOF).

    En 1955, cet institut fut mandaté pour élaborer une enquête de conjoncture dans l'industrie sur le modèle des enquêtes conjoncturelles réalisées à l'étranger. Par la suite, cette enquête fut améliorée et l'échantillon des entreprises interrogées élargi. De nos jours, l'enquête touche près de 1'600 entreprises industrielles, dont 600 implantées en Suisse romande et 160 dans le canton de Vaud.

    La récession économique du milieu des années 1970 suscita un regain d'intérêt pour l'étude de la conjoncture, tant au niveau national qu'à l'échelon des cantons. Il était urgent de pouvoir disposer d'indicateurs concomitants ou avancés sur l'évolution économique ainsi que d'informations synthétiques rapidement disponibles concernant les appréciations et perspectives économiques des entreprises. Pour plusieurs cantons, le recours à l'enquête conjoncturelle présentait de nombreux avantages : mise en oeuvre rapide sans engager de moyens importants, possibilités de disposer des données comparatives, exploitation plus poussée d'une enquête existante dans le souci de ne pas multiplier les démarches auprès des entreprises.

    Commission Conjoncture vaudoise

    Le canton de Vaud fut l'un des premiers à régionaliser l'Enquête conjoncturelle pour l'industrie. Après une période de recrutement et de rodage, les premiers résultats furent publiés au printemps 1979. L'évaluation de ceux-ci est assurée actuellement par une Commission Conjoncture vaudoise, qui regroupe des représentants de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI), du Service cantonal de l'économie, du logement et du tourisme (SELT) et de Statistique Vaud (STATVD).

    Elaborée également par le KOF, l'Enquête conjoncturelle pour l'hôtellerie et la restauration existe depuis 1989 sur le plan national. Elle a pour objectif de dégager les tendances actuelles et futures de la marche des affaires dans la branche touristique helvétique. En février 1995, le canton de Vaud a publié ses premiers résultats régionalisés. Cette publication est aussi assurée par la Commission Conjoncture vaudoise, dont la composition a été étendue aux milieux touristiques concernés (GastroVaud, Hôtellerievaudoise et Office du tourisme du canton de Vaud).

    Lancée plus récemment par le KOF, l'Enquête conjoncturelle pour la construction existe depuis le dernier trimestre 1994 sur le plan national. Elle a pour objectif de dégager les tendances actuelles et futures de la marche des affaires dans le secteur de la construction (bâtiment, génie civil et second ?uvre). Cette nouvelle enquête a pu être régionalisée dans le canton de Vaud au premier trimestre 1996 grâce à une nouvelle extension de la Commission Conjoncture vaudoise aux milieux concernés (Association cantonale vaudoise des installateurs-électriciens, Association vaudoise des installateurs de chauffage et ventilation, Fédération vaudoise des entrepreneurs et Fédération vaudoise des maîtres ferblantiers, appareilleurs et couvreurs).

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    Commission Conjoncture vaudoise
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